Coule la Seine est un petit recueil de nouvelles. On y découvre trois histoires, trois enquêtes du commissaire Adamsberg et du lieutenant Danglard : Salut et liberté, La nuit des brutes et Cinq francs pièce.
| Fred VARGAS, Coule la Seine, Editions J'ai lu, 2013 (première édition 2002).123 pages. |
Quatrième de couverture :
Un banc public près d'un lampadaire, des lettres anonymes. Un Noël de garde et une femme noyée. Un taxi qui s'en va, trois coups de feu partent. Une balade sur les quais pour réfléchir à tout ça.
La dernière nouvelle que j'ai lu m'ayant un peu déçue (tu peux lire mon avis ici) j'étais un peu inquiète en commençant ce recueil, je me disais que peut-être, c'était le genre de la nouvelle en lui-même qui ne me convenait pas. Finalement, j'ai pu constater avec plaisir que je n'ai aucun problème avec le genre ! J'ai vraiment apprécié découvrir ces trois petits instants de vie du commissaire Adamsberg (et j'étais surtout ravie de le retrouver car j'avais lu il y a quelques années Un lieu incertain ).
Les intrigues sont bien construites et te tiennent en haleine. Bon, c'est un peu mou et pas franchement palpitant je te l'avoue. Mais ce rythme correspond tellement parfaitement au caractère d'Adamsberg, qu'une fois habitué, on s'y fait très bien ! Le style de Fred Vargas est bien particulier : elle parvient à écrire sur un ton plein d'humour alors qu'elle traite de sujets parfois pesants et sanglants; elle arrive, de plus, à construire des personnages très riches, les principaux comme les secondaires.
Soyons clair(e)s, ce livre n'est pas miraculeux. Si tu cherches un bouquin pour lequel tu vas te relever la nuit en cachette pour en lire un chapitre avec un petit verre de lait (ou de bière, ou de rosé, ou de coca, c'est comme tu veux...), tu peux passer ton chemin... Par contre, si tu cherches une petite lecture détente sympathique qui se lit vite et bien, ce petit recueil sera impeccable ! (Qui-plus-est si tu connais déjà le commissaire et son lieutenant et que tu as envie de le retrouver !)
Comme je l'ai dit, le rythme est plutôt lent.
Le personnage d'Adamsberg, sorte d'anti-héros, est toujours aussi fascinant !
Les trois personnages secondaires de ces nouvelles, auxquels se frotte le commissaire , sont travaillés, particulièrement intéressants et bien choisis.
"Noël, la nuit du don, de la grand trêve.
A Noël, tout le monde s'engueule, la majorité sanglote, une partie divorce, quelques-uns se suicident." p 70.
"On s'en fout de son manteau, de son ministère et de tous ces types qui se chauffent les fesses sans penser aux tiennes. C'est leur merde, c'est leur turpitude, et ce n'est pas ce soir qu'on va la nettoyer en trois coups de tes éponges. Parce que c'est de la crasse si vieille qu'elle a fait des montagnes. Des crassiers, cela s'appelle. [...]
Ils se sont faits sur l'idée qu'il y a sur terre des gens plus importants que les autres. Qu'il y en a eu, et qu'il y en aura. Et je vais t'en apprendre une fameuse : c'est faux. Personne n'est plus important." p.111






