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6 août 2013

Coule la Seine de Fred Vargas

     Coule la Seine est un petit recueil de nouvelles. On y découvre trois histoires, trois enquêtes du commissaire Adamsberg et du lieutenant Danglard : Salut et liberté, La nuit des brutes et Cinq francs pièce.

Fred VARGAS, Coule la Seine, Editions J'ai lu, 2013
 (première édition 2002).123 pages.





Quatrième de couverture :

     Un banc public près d'un lampadaire, des lettres anonymes. Un Noël de garde et une femme noyée. Un taxi qui s'en va, trois coups de feu partent. Une balade sur les quais pour réfléchir à tout ça.






        La dernière nouvelle que j'ai lu m'ayant un peu déçue (tu peux lire mon avis ici) j'étais un peu inquiète en commençant ce recueil, je me disais que peut-être, c'était le genre de la nouvelle en lui-même qui ne me convenait pas. Finalement, j'ai pu constater avec plaisir que je n'ai aucun problème avec le genre ! J'ai vraiment apprécié découvrir ces trois petits instants de vie du commissaire Adamsberg (et j'étais surtout ravie de le retrouver car j'avais lu il y a quelques années Un lieu incertain ). 
Les intrigues sont bien construites et te tiennent en haleine. Bon, c'est un peu mou et pas franchement palpitant je te l'avoue. Mais ce rythme correspond tellement parfaitement au caractère d'Adamsberg, qu'une fois habitué, on s'y fait très bien ! Le style de Fred Vargas est bien particulier : elle parvient à écrire sur un ton plein d'humour alors qu'elle traite de sujets parfois pesants et sanglants; elle arrive, de plus, à construire des personnages très riches, les principaux comme les secondaires.
Soyons clair(e)s, ce livre n'est pas miraculeux. Si tu cherches un bouquin pour lequel tu vas te relever la nuit en cachette pour en lire un chapitre avec un petit verre de lait (ou de bière, ou de rosé, ou de coca, c'est comme tu veux...), tu peux passer ton chemin... Par contre, si tu cherches une petite lecture détente sympathique qui se lit vite et bien, ce petit recueil sera impeccable ! (Qui-plus-est si tu connais déjà le commissaire et son lieutenant et que tu as envie de le retrouver !)







     Comme je l'ai dit, le rythme est plutôt lent.






      Le personnage d'Adamsberg, sorte d'anti-héros, est toujours aussi fascinant !
    Les trois personnages secondaires de ces nouvelles, auxquels se frotte le commissaire , sont travaillés, particulièrement intéressants et bien choisis.






"Noël, la nuit du don, de la grand trêve.
A Noël, tout le monde s'engueule, la majorité sanglote, une partie divorce, quelques-uns se suicident." p 70.

"On s'en fout de son manteau, de son ministère et de tous ces types qui se chauffent les fesses sans penser aux tiennes. C'est leur merde, c'est leur turpitude, et ce n'est pas ce soir qu'on va la nettoyer en trois coups de tes éponges. Parce que c'est de la crasse si vieille qu'elle a fait des montagnes. Des crassiers, cela s'appelle. [...]
Ils se sont faits sur l'idée qu'il y a  sur terre des gens plus importants que les autres. Qu'il y en a eu, et qu'il y en aura. Et je vais t'en apprendre une fameuse : c'est faux. Personne n'est plus important." p.111







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1 juil. 2013

L' Epouvantail de Michael Connelly

     Bon je te l'avoue, après voir lu Le Poète (tu peux voir mon avis ici) j'ai vite eu envie de prendre des nouvelles de Jack et de repartir à l'aventure avec lui !









     Dans 12 jours, Jack, reporter au Times, sera viré. Il veut finir en beauté et se lance dans une dernière enquête qui l'entraîne sur les traces d'un tueur en série, qui plus est, expert en informatique !






     Voilà, je crois que je suis devenue fan de Michael Connelly... ! Cet auteur a une façon de vous entraîner dans l'enquête juste hallucinante ! D'habitude, il n'y a guère que Stephen King qui arrive à me faire pénétrer complètement dans l'histoire (tu sais, quand tu vois le paysage et les personnages évoluer tout autour de toi et que, si la Terre s'arrête de tourner dans le monde réel, tu ne t'en rends même pas compte !). Là, tu pars purement et simplement enquêter avec Jack mais en plus, tu t'inquiètes pour lui car ce coup-ci son ennemi n'est pas n'importe qui (et qu'il a quand même chaud aux fesses plus d'une fois !)... Pourtant, je dois bien l'avouer, comme dans le Poète, j'ai eu du mal avec les premières pages... je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi. Je crois que c'est le temps de me (ré)habituer à la plume de M.Connelly.
Le gros point à la fois positif et négatif de ce bouquin c'est sa vraisemblance : c'est en effet positif car cela permet d'entrer facilement dans l'histoire et de se sentir proche des personnages ; mais aussi un peu négatif parce que du coup ce livre m'a vraiment fait flipper !! M.Connely nous parle des nouvelles technologies et en parle bien. Trop bien. Résultat : en pleine lecture je me suis retrouvée sur internet à supprimer toutes mes photos de facebook, à m'assurer que mon compte MySpace était bien désactivé, à vérifier tous mes mots de passe (et puis à me cacher sous la couette avec un couteau de cuisine en attendant que Jules revienne, mais chut !... Et je te vois, toi, qui te moque ! On verra dans quel état tu seras quand tu auras lu le bouquin ;-) )  !! Bref, So en mode panique à bord ! Je sais, je sais, c'est bête et un chouia excessif (quoique ?!) mais en tant que blogueuse débutante je sais que je suis loin de maîtriser internet comme il le faudrait (d'ailleurs peut-on maîtriser internet ? - séquence philosophie-) et qu'on ne sait pas toujours qui est derrière l'écran !






    ATTENTION SPOILERS

* Encore deux tueurs ? Pff
* Encore un roman patientant sagement dans le placard en attendant le prochain meurtre (parce que oui, quand même, c'est un peu un meurtrier Jack, hein !!) ? Pff
* Un scénario de polar somme toute assez classique






* Le suspense et l'action : on a à peine le temps de souffler !
* Le réalisme avec tous les détails qui font le talent de Connelly !
* Le titre !
* Jack ^^







"Carver était toujours émerveillé de constater à quel point les jeunes pouvaient être confiants et naïfs. Pour eux, personne ne pouvait relier les pointillés . Pour eux, on pouvait se mettre à nu sur le Net, y afficher des photos  et des renseignements  à volonté  et ne s'attendre à aucune conséquence particulière. En lisant son blog, Carver fût à même de recueillir  toutes les informations dont il avait besoin. La ville où elle avait grandi, le club de jeunes femmes qu'elle avait fréquenté à l'université, jusqu'au nom de son chien." (p. 148)

"Il y a des choses qu'on ne peut pas expliquer, Jack. Il y a des histoires qui sont trop sombres pour qu'on les dise." (p.499)
   





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10 juin 2013

Le Poète de Michael Connelli

    



 Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu un policier qui ne se classe pas en Littérature de Jeunesse et je dois dire que celui-ci est une bonne surprise !

      Tout d'abord, j'aimerais te parler un peu de la collection dans laquelle je possède ce polar : la collection .2 des éditions Seuil, qui regroupe un petit nombre de romans en format « vraie poche » j'ai envie de dire ! (Oui bon je sais c'est pas neuf mon histoire ça date de 2011 ! Mais je suppose quand même, qu'il y a des « toi » qui sont, comme moi, à la bourre ! ) Donc, ce petit livre fait 8cm par 12 (si tu es un tout petit peu comme moi, les grandeurs et toi ça fait 2 et t'es en train de regarder tes doigts en te demandant à quoi ça correspond tout ça, donc pour comparatif un Poche ça fait environ 11 par 18) et est imprimé à l'horizontal ! Je te mets une p'tite photo pour que tu visualises le truc ! 


Moi, je trouve ça génialissime ! Le seul point négatif c'est le prix : 13 euros pour celui-ci... (le moins cher que j'ai vu était à 9euros 50) Pour un livre de poche ça fait quand même un peu mal au portefeuille  (heureusement c'était un cadeau, merci Maman ! ) mais dans un sens on peut tout de même dire qu'il les vaut car ce format est très pratique !

Bon, après la forme si on passait au contenu ?






     Jack Mc Evoy, journaliste, enquête sur la mort de son frère. Une suite d'affaires étranges l'amène sur les traces d'un tueur en série qui signe ces meurtres de citations d'Edgar Allan Poe. On le surnomme : le Poète.





     Je l'avoue, j'ai eu du mal à accrocher aux premières pages. Et puis l'histoire se met en place, je commence à me poser des questions, à me prendre de sympathie pour Jack, à enquêter avec lui...Tout s'accélère, je découvre un meurtrier, j'apprends à le connaître un peu, lui et ses méthodes. Le suspense me prend à la gorge... Et paf ! Un coup de théâtre... mouais bon je m'en doutais hein. Et finalement... finalement ha ! Michael Connelly m'a bien eu ! (Je t'ai perdu là ? Non tu es toujours là ? Tu sais que ce n'est pas facile de te faire ressentir des choses sans te les dire ?! ) En fait, ce roman c'est un gros et bon épisode de Esprits Criminels (bon, sans Reed, mais on ne peut pas tout avoir...) !! Oui vraiment, c'est la meilleure description que je puisse en faire je crois. Tu te retrouves à Quantico à collecter les preuves, énumérer les victimes, balancer des hypothèses et tout et tout. Tu rajoutes à tout ça un petit côté Experts pour parler des indices relevés dans la bouche des cadavres et c'est parti mon kiki ! Il n'y a que dans la dernière partie du bouquin où on s'éloigne un peu du côté enquête et sciences du comportement...Une dernière partie où tu te rends peu à peu compte que l'auteur t'a gentiment roulé dans la farine ! Pour, à la fin, plus blanche que ton pain, sourire de toutes tes dents de t'être si bien fait avoir !







*Le premier chapitre et le dernier (le 53) se correspondent (ils commencent tous les deux par la même phrase[ j'aime bien ce côté boucle dans les bouquins], si je ne dis pas de bêtise ce phénomène se nomme « épanadiplose narrative » mais il faut avouer que ce terme est un peu barbare), toutefois ça me gêne un peu de finir sur les chapitres 52 et 53... Je t'explique : j'aurais préféré, je crois, que le 1er chapitre soit un prologue et les 52 et 53 un épilogue. Tu vas me dire que je pinaille, que c'est pareil tout ça, ben non c'est pas pareil. Un épilogue, c'est coupé du récit. La fin de l'histoire a eu lieu avant. Ici c'est le même cas d'après moi, l'histoire se finit à la fin du chapitre 51 et les chapitres suivants c'est du bonus pour nous donner des nouvelles de Jack et pour faire, donc, une jolie boucle. Du coup, ça casse un peu la force de la fin de l'histoire. (Tu me suis là ? Ça en fait des répétitions hein ! )







* La résolution finale de l'enquête bien sûr !

* Les personnages plutôt bien construits !

* Le fait que ce livre ait été écrit en 1996 : c'était l'Internet d'un autre temps et le début des photos numériques... Du coup ça a un petit côté "rétro" plutôt marrant !







"La mort c'est mon truc." (p.11)

"Une chance que personne ne puisse connaître nos pensées les plus secrètes. Nous apparaîtrions tels que nous sommes, à savoir des imbéciles manipulateurs et prétentieux." (p.303)

"Vos pensées les plus sombres ne sont pas uniques." (p.747)

"Tout a une cause. Parfois, la cause est plus haïssable que la conséquence, pourtant, c'est souvent la conséquence qu'on abomine." (p.782)


     Bref, j'ai beaucoup aimé ce bouquin et je te le conseille vraiment !


Et toi, connais-tu Le Poète ? Qu'en penses-tu ?


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